Nous ne sommes pas des professionnels de santé. Les informations scientifiques citées dans cet article sont issues de recherches accessibles au public. Elles sont présentées à titre informatif et ne constituent ni un diagnostic, ni un conseil médical, ni une promesse thérapeutique. Le massage de bien-être ne remplace pas un suivi médical.
Pourquoi parler de chakras sur un site de massage
Chez Rêve de Tantra, nous ne parlons pas de chakras pendant nos séances. Nous préférons observer ce qui se passe concrètement dans le corps. Mais la carte des chakras nous intrigue — parce qu’elle a souvent vu juste.
Alors pourquoi écrire cet article ?
Parce que le système des 7 chakras, inventé il y a plusieurs millénaires en Inde, désigne 7 zones du corps qui correspondent à des réalités biologiques bien documentées. Les anciens n’avaient pas d’IRM ni de dosages hormonaux. Ils avaient l’observation, l’expérience du toucher et l’intuition. Et sur beaucoup de points, leurs intuitions étaient justes.
Notre approche n’est pas de rejeter ce vocabulaire. C’est de le décoder. De montrer ce que la biologie, les neurosciences et l’endocrinologie nous disent aujourd’hui sur ces mêmes zones du corps.
Un exemple : les fameuses couleurs des chakras (rouge pour la racine, orange pour le sacré, etc.). Cette association arc-en-ciel a été popularisée dans les années 1970 par l’auteur occidental Christopher Hills (surnommé aussi “le père de la spiruline” tant il a contribué dans les années 80 à sa diffusion dans nos sociétés occidentales). Les textes tantriques indiens originaux ne faisaient pas cette correspondance. Aucune zone du corps n’émet ni ne résonne avec une fréquence lumineuse spécifique. C’est un ajout récent, absent des textes originaux. L’idée est séduisante — les couleurs vont du rouge (basse fréquence) au violet (haute fréquence), comme les chakras vont du bassin au sommet du crâne — mais ça reste une analogie poétique, pas un fait biologique. Cela dit, si cette image aide les gens à se repérer dans leur corps, elle a sa valeur — et c’est exactement notre démarche : distinguer ce qui relève de la science de ce qui relève de l’intuition, sans mépriser ni l’une ni l’autre.
Ce qu’on appelle “énergie vitale” en biologie
Dans la tradition tantrique, on parle de prana — un souffle vital qui circule dans le corps. Quand il circule bien, on se sent vivant, présent, connecté. Quand il stagne, le corps se tend, le mental s’emballe, on se coupe de ses sensations.
En termes scientifiques, cette “circulation” correspond à plusieurs systèmes bien réels :
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Le système nerveux autonome. Il se divise en deux branches : le sympathique (mode alerte, stress, action) et le parasympathique (mode repos, digestion, récupération). Un corps “en bonne énergie”, c’est un corps qui sait passer d’un mode à l’autre avec fluidité. Un corps chroniquement stressé est bloqué en sympathique.
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Les hormones et neurotransmetteurs. L’ocytocine (libérée par le toucher), la dopamine (désir, motivation), la sérotonine (bien-être, régulation de l’humeur), les endorphines (plaisir, apaisement de la douleur), le cortisol (stress). Ces molécules circulent littéralement dans le corps. Elles sont “l’énergie” qu’on ressent.
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Les mécanorécepteurs. La peau contient des millions de capteurs spécialisés qui transforment le toucher en signaux nerveux. Chaque pression, chaque effleurage, chaque variation de rythme envoie un message au cerveau. Le massage n’est pas une métaphore : c’est une stimulation mesurable du système nerveux.
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Les fascias. Ce réseau de tissu conjonctif enveloppe chaque muscle, chaque organe, chaque nerf. Les fascias transmettent les tensions mécaniques à travers tout le corps. Une contraction dans le bassin peut se ressentir jusqu’aux épaules. Quand les praticiens traditionnels parlent de “canaux” dans le corps, les fascias sont la correspondance anatomique la plus plausible.
Les 7 chakras : zone par zone, ce que dit la science
1. Racine (Muladhara) — Périnée et plancher pelvien
La tradition dit : centre de l’ancrage, de la sécurité, de la survie.
La science observe : le plancher pelvien est une zone riche en terminaisons nerveuses, notamment le nerf pudendal, qui innerve toute la région périnéale. Cette zone est directement connectée au système nerveux autonome. Elle accumule des tensions liées au stress chronique, à la posture assise prolongée, et aux émotions non exprimées.
Selon plusieurs études, le toucher de cette zone favoriserait la libération d’ocytocine et l’activation du système parasympathique. C’est ce qui pourrait expliquer ce sentiment de “retour à la terre”, de sécurité retrouvée, que beaucoup rapportent après un massage de cette zone.
En massage tantrique : le travail du bassin et du périnée n’a rien de mystique. C’est une zone sous tension chez la grande majorité des adultes, et la masser produit un relâchement profond, mesurable, et souvent surprenant.
2. Sacré (Svadhisthana) — Bas-ventre et zone génitale
La tradition dit : centre des émotions, de la créativité, de la sexualité.
La science observe : le plexus hypogastrique innerve toute la région pelvienne basse. C’est le carrefour entre le système reproducteur, le système digestif bas et le système urinaire. La littérature sur les tensions pelviennes chroniques suggère que cette zone peut accumuler des tensions liées au stress émotionnel — particulièrement celui lié à la sexualité, à la honte, aux traumatismes.
Les hormones sexuelles (testostérone, œstrogènes) et la dopamine sont particulièrement actives dans cette zone. Le toucher pelvien stimule ces circuits de manière douce, sans l’intensité d’un rapport sexuel.
En massage tantrique : c’est la zone du lingam et de la yoni. On la masse pour la reconnexion, pas pour la performance. Le corps reprend contact avec des sensations souvent négligées ou associées uniquement à la sexualité génitale.
3. Plexus solaire (Manipura) — Ventre et diaphragme
La tradition dit : centre du pouvoir personnel, de la volonté, de la digestion.
La science observe : l’intestin contient environ 500 millions de neurones — c’est le système nerveux entérique, souvent appelé “deuxième cerveau”. Il produirait environ 95% de la sérotonine du corps, un neurotransmetteur impliqué dans le bien-être et la régulation de l’humeur.
Le diaphragme, situé juste au-dessus, est le muscle principal de la respiration. Quand il est contracté par le stress, la respiration devient superficielle, le ventre se bloque, la digestion ralentit. On connaît tous l’expression “avoir la boule au ventre” : c’est exactement ce qui se passe physiologiquement.
En massage tantrique : le travail abdominal est souvent une révélation. La plupart des gens ne se font jamais masser le ventre. Quand les tensions du diaphragme se relâchent, la respiration s’approfondit naturellement — et avec elle, tout le système se calme.
4. Cœur (Anahata) — Poitrine et sternum
La tradition dit : centre de l’amour, de la compassion, du lien aux autres.
La science observe : le nerf vague, le plus long nerf crânien du corps, traverse cette zone. C’est le principal régulateur du système parasympathique. Sa stimulation (par le toucher, la respiration lente, le chant) active le mode “repos et récupération” du corps.
La variabilité de la fréquence cardiaque (HRV), mesurée au niveau du thorax, est aujourd’hui reconnue comme un marqueur de résilience au stress. Plus elle est élevée, mieux le corps s’adapte. Le toucher thoracique, surtout lent et appuyé, augmente la HRV.
L’ocytocine, souvent appelée “hormone du lien”, est massivement libérée par le toucher de la poitrine et du sternum. C’est pour ça que les étreintes font du bien — et c’est pour ça que cette zone est si importante en massage.
En massage tantrique : l’ouverture de la cage thoracique est souvent accompagnée d’émotions. Pas parce qu’on “ouvre le chakra du cœur”, mais parce que le relâchement des muscles intercostaux et du diaphragme libère des tensions accumulées, parfois depuis des années.
5. Gorge (Vishuddha) — Cou, gorge et trapèzes
La tradition dit : centre de l’expression, de la communication, de la vérité personnelle.
La science observe : c’est la zone de tension chronique numéro un chez les adultes. Les muscles sterno-cléido-mastoïdiens (SCM) et les trapèzes sont hypertoniques chez la majorité des personnes — à cause des écrans, du stress, de la posture.
L’expression “avoir la gorge nouée” correspond à une réalité physiologique : le spasme du pharynx, déclenché par le stress ou l’émotion, contracte les muscles de la gorge et donne une sensation d’oppression. Le larynx, les cordes vocales et les muscles de la déglutition sont tous innervés par le nerf vague — le même qui régule la réponse au stress.
En massage tantrique : la nuque et les trapèzes sont massés en profondeur. Le relâchement de cette zone produit souvent un soupir involontaire — signe que le parasympathique reprend la main.
6. Troisième œil (Ajna) — Tempes, mâchoire et front
La tradition dit : centre de l’intuition, de la perception, de la clarté mentale.
La science observe : l’articulation temporo-mandibulaire (ATM), située de chaque côté du crâne devant les oreilles, est la zone du bruxisme — le serrement involontaire des mâchoires, souvent nocturne, lié au stress. Le masséter, muscle de la mâchoire, est proportionnellement le plus puissant du corps humain.
Le cortex préfrontal, situé derrière le front, est le siège de la pensée analytique, de la planification, du contrôle. C’est la zone du “mental” au sens littéral. Quand il est hyperactif (ruminations, anxiété), le front se contracte, les tempes se serrent.
En massage tantrique : le massage du visage, du front et des tempes cible directement le lâcher-prise mental. Quand la mâchoire se détend, quand les muscles du front se relâchent, le mental ralentit. Pas par magie — par neurologie.
7. Couronne (Sahasrara) — Crâne et cuir chevelu
La tradition dit : centre de la connexion au tout, de la conscience élargie.
La science observe : le cuir chevelu est riche en mécanorécepteurs, notamment les corpuscules de Meissner, sensibles au toucher léger. La stimulation du cuir chevelu active le système parasympathique et libère des endorphines — d’où cette sensation de bien-être profond quand quelqu’un vous touche les cheveux ou vous masse le crâne.
Des études sur le massage crânien montrent une réduction significative du cortisol et une augmentation de la sensation subjective de détente. Le fameux “frisson” qui parcourt le corps quand on vous touche la tête (l’ASMR en est un cousin) est une réponse neuro-physiologique documentée.
En massage tantrique : le massage crânien est souvent le moment où les personnes décrochent complètement du mental. Ce que certains appellent “connexion cosmique” ressemble fort à un basculement parasympathique — un état de calme profond, parfois proche du sommeil.
Ce qu’on appelle “énergie sexuelle” en biologie
Le tantra traditionnel accorde une place centrale à l’énergie sexuelle. Dans notre pratique, on préfère parler de ce qui se passe concrètement dans le corps.
L’excitation sexuelle déclenche une cascade hormonale bien documentée :
- Dopamine : crée le désir, l’anticipation, la motivation
- Ocytocine : renforce le sentiment de lien et de confiance
- Endorphines : produisent une sensation de bien-être et atténuent la douleur
- Prolactine : intervient après le relâchement, favorise la détente profonde
Le massage tantrique navigue dans cette cascade hormonale sans viser l’orgasme. L’excitation, quand elle survient, n’est pas un objectif : c’est un signal que le corps est vivant, réceptif, en confiance. On ne la provoque pas, on ne la refuse pas. On la laisse exister.
C’est la différence fondamentale entre notre approche et une approche purement sexuelle : on travaille avec les réponses du corps, pas pour elles.
Pourquoi le massage tantrique fonctionne : la science du toucher
Au-delà des chakras et de leur correspondance anatomique, la science du toucher explique à elle seule pourquoi le massage tantrique produit des effets aussi profonds.
Les fibres C-tactiles. Découvertes récemment, ces fibres nerveuses sont spécialisées dans le toucher lent et affectif (3 à 10 cm par seconde). Elles n’existent que dans la peau velue (pas les paumes ni les plantes de pied). Leur stimulation active directement le cortex insulaire, zone du cerveau liée à la conscience de soi et aux émotions. Le massage tantrique, avec ses effleurages lents, sollicite massivement ces fibres.
La peau, organe sensoriel. Avec ses 1,5 à 2 m² de surface, la peau est le plus grand organe du corps. Elle contient des millions de récepteurs sensibles à la pression, la température, la vibration, l’étirement. Un massage corps entier, en sollicitant toute cette surface, envoie une quantité massive d’informations au cerveau — une sorte de “reset sensoriel” qui ramène la conscience dans le corps.
Réduction mesurable du cortisol. Plusieurs études suggèrent que 60 minutes de massage pourraient réduire le taux de cortisol sanguin de 30 à 50%. Le cortisol est l’hormone du stress chronique — sa diminution est généralement associée à un meilleur sommeil, une meilleure digestion et un meilleur fonctionnement immunitaire.
Le massage tantrique exploite tous ces mécanismes en variant les rythmes, les pressions et les zones massées. C’est cette variation qui empêche le corps de s’habituer et maintient l’attention sensorielle tout au long de la séance.
Ni rejeter ni croire : comprendre
Les chakras sont une carte. Pas le territoire.
Cette carte a été dessinée il y a des millénaires par des praticiens qui observaient le corps avec les outils de leur époque. Ils ont identifié 7 zones clés, leur ont donné des noms, des couleurs, des attributs. Et sur l’essentiel — la localisation et le rôle de ces zones — ils avaient remarquablement raison.
Aujourd’hui, on peut dire pourquoi ça fonctionne. Pas juste que ça fonctionne.
Chez Rêve de Tantra, Thaïs et Élios sont des praticiens formés au massage de bien-être. Notre formation porte sur l’anatomie, la physiologie du toucher et le cadre de consentement. C’est cette base concrète qui guide chacun de nos gestes.
Mais nous parlons les deux langages. Celui de la tradition — qui a su cartographier le corps avec une finesse remarquable — et celui de la science moderne, qui nous permet aujourd’hui de comprendre pourquoi ces zones réagissent comme elles réagissent. Et soyons honnêtes : la science découvre de nouvelles choses chaque année. Les fascias, les fibres C-tactiles, le nerf vague… tout cela était inconnu il y a trente ans. Qui sait ce qu’on comprendra demain ? Peut-être que le vocabulaire des anciens n’était pas si métaphorique que ça.
Ce qui compte pour nous, c’est le résultat : un massage du corps entier, donné par des praticiens compétents, dans un cadre sécurisé et consenti — bienvenue.
Pas besoin d’y croire. Il suffit de le ressentir.
Des questions sur notre approche ? Contactez-nous par téléphone, mail ou WhatsApp. On aime en parler.
Sources
Les informations scientifiques de cet article s’appuient sur les publications suivantes, accessibles au public :
- Fibres C-tactiles et toucher affectif — Olausson H. et al., « Unmyelinated tactile afferents signal touch and project to insular cortex », Nature Neuroscience, 2002. PubMed
- Fibres C-tactiles et sensations agréables — McGlone F. et al., « Tactile C fibers and their contributions to pleasant sensations and to tactile allodynia », Frontiers in Behavioral Neuroscience, 2014. PMC
- Massage et cortisol — Moyer C.A. et al., « Does massage therapy reduce cortisol? A comprehensive quantitative review », Journal of Bodywork and Movement Therapies, 2011. PubMed
- Méta-analyse du massage — Moyer C.A. et al., « A meta-analysis of massage therapy research », Psychological Bulletin, 2004. PubMed
- Massage et ocytocine — Moberg K.U. et al., « Massage increases oxytocin and reduces adrenocorticotropin hormone in humans », Alternative Therapies in Health and Medicine, 2012. PubMed
- Massage du pied, ocytocine et activité cérébrale — Li Q. et al., « Foot massage evokes oxytocin release and activation of orbitofrontal cortex and superior temporal sulcus », Psychoneuroendocrinology, 2019. PubMed
- Sérotonine intestinale — Mawe G.M. et Hoffman J.M., « Serotonin signalling in the gut — functions, dysfunctions and therapeutic targets », Nature Reviews Gastroenterology & Hepatology, 2013. Voir aussi : Yano J.M. et al., Cell, 2015. PMC
- Système nerveux entérique et sérotonine — Margolis K.G. et al., « Novel aspects of enteric serotonergic signaling in health and brain-gut disease », American Journal of Physiology, 2019. PMC
- Nerf vague et massage — Meier M. et al., « Standardized massage interventions as protocols for the induction of psychophysiological relaxation in the laboratory », Scientific Reports (Nature), 2020. Nature
- Fascias et transmission des forces — Huijing P.A. et Baan G.C., « Muscle fascia and force transmission », Journal of Bodywork and Movement Therapies, 2010. ScienceDirect
- Couleurs des chakras — Hills C.B., Nuclear Evolution: Discovery of the Rainbow Body, 1977. Contexte historique : Wikipedia
- Ocytocine et toucher — Uvnäs-Moberg K., The Oxytocin Factor: Tapping the Hormone of Calm, Love, and Healing, Da Capo Press, 2003.